| |
Interview avec Madame
Anne-Elisabeth Gautier, Secrétaire Général du Collège et de l'Institut
|
 le site du Collège Juridique www.collegejuridique.ro   |
la Rédaction : Présentez-nous le Collège Juridique et l’Institut Franco-Roumain de Droit des Affaires. (nombre étudiants, professeurs, historique etc)
Le Collège Juridique d’études européennes comme l' Institut franco-roumain de Droit des Affaires sont implantés depuis 1994 au sein de la Faculté de Droit de l'Université de Bucarest. Le Collège comme l'Institut disposent d'une direction commune franco-roumaine, au sein de l' Université de Paris I Panthéon-Sorbonne qui assure le pilotage d'un Consortium d'Appui réunissant 10 universités françaises, 3 ministères, ainsi que des organismes représentant les milieux professionnels juridiques et judiciaires français, et au sein de l' Université de Bucarest, grâce au Secrétariat général du Collège et de l’Institut. Considéré comme le « fleuron » de la coopération universitaire en Europe centrale et orientale, ce programme bénéficie depuis sa création du soutien financier du Ministère des affaires étrangères.
L’Institut de Droit des affaires et de la coopération internationale « Nicolae Titulescu – Henri Capitant » est à l’origine de cette coopération universitaire. Il s’adresse à de jeunes professionnels du droit travaillant dans la fonction publique ou dans le secteur privé, qui souhaitent élargir ou actualiser leurs connaissances en droit européen et international des affaires. Cette formation permet aux étudiants d’obtenir le diplôme d’études post-universitaires de la Faculté de droit de Bucarest ainsi que le Diplôme d’Université (D.U.) franco-roumain de Droit des Affaires délivré par l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Une soixantaine d’étudiants s’inscrivent chaque année à l’Institut. Sur les 692 étudiants ayant suivi les cours de l’Instituts entre 1994 et 2005, 375 ont été diplômés.
Le Collège juridique franco-roumain d’études européennes est, quant à lui, destiné aux étudiants inscrits à la Faculté de Droit de l’Université de Bucarest. L’admission s’effectue dès le début des études à la Faculté roumaine par passage d’un concours écrit de contrôle des connaissances de la langue française et d’aptitude au traitement de l’information. Chaque année, une centaine d’étudiants réussissent ce concours et s’inscrivent en 1 ère année. Après admission, les étudiants ont obligation de suivre les enseignements du Collège en parallèle avec ceux de la Faculté de Droit durant quatre ans. Les étudiants du Collège sont inscrits administrativement à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne qui leur délivre les diplômes français de DEUG, Licence et Maîtrise en droit international et européen, ainsi que les diplômes européens de Licence et Master. Les enseignements reprennent le cursus universitaire français avec une forte spécialisation en droit européen. Les étudiants bénéficient d’un programme de bourses de stage et de bourses d’études (2 bourses de Master 2 en France pour les 2 meilleurs des quatre années). Depuis la création du Collège en 1995, près de 300 étudiants ont obtenu le diplôme de Maîtrise.
Depuis cette année, nous avons ouvert un Master 2 en droit européen et international des Affaires, accessible aux titulaires d’une Licenta en droit, sciences politiques et sciences économiques. L’entrée se fait dans les mêmes conditions que pour les autres Master de la Faculté de droit de l’Université de Bucarest. Là encore, les étudiants sont inscrits dans les deux universités et se voient délivrer non seulement le diplôme roumain, mais aussi le diplôme français et européen de Master.
Pour les trois formations, les enseignements se déroulent suivant le même schéma. Les cours magistraux sont dispensés conjointement par des enseignants français et roumains, universitaires et professionnels issus de notre consortium français. Les travaux dirigés sont effectués par l’équipe française détachée auprès de l’Université de Bucarest par le Ministère des Affaires étrangères, l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et l’Université Montesquieu-Bordeaux IV.
|
la Rédaction : Considérez vous que les étudiants qui suivent les cours d’une université et travaillent en même temps peuvent bien accumuler les informations transmises par les professeurs ? Vous êtes pro ou contre le fait qu’un étudiant travaille ? Quels sont les avantages et les désavantages ?
Il ne s’agit tout d’abord pas pour l’étudiant « d’accumuler » des informations. Ce n’est ni le rôle de l’Université, ni celui des professeurs de fournir une masse de connaissances. Le projet pédagogique doit donner à l’étudiant les clefs qui lui permettront ensuite, dans un contexte professionnel, d’analyser et d’utiliser les informations. Au Collège juridique, nous insistons énormément sur la méthodologie juridique, c'est-à-dire sur l’apprentissage de mécanismes permettant, non seulement la compréhension et l’analyse des textes et de la jurisprudence, mais aussi la recherche d’une solution juridique à même de traiter des affaires tirées de situations réelles. Le droit est une matière vivante, en perpétuelle mutation, et dont le champ d’application est extrêmement varié. Il s’agit pour nous de former des juristes capables de qualifier juridiquement des situations de fait, de rechercher le droit applicable auxdites situations, et d’y répondre juridiquement.
Pour répondre à votre question, si l’Université doit avoir comme objectif essentiel la formation d’étudiants aptes à s’insérer au mieux sur le marché de travail, et doit donc favoriser les passerelles avec le monde professionnel, il n’en demeure pas moins que les études doivent rester, pour l’étudiant, un temps privilégié de construction et d’apprentissage. Elles doivent être au cœur de ses priorités, même si des raisons économiques lui imposent d’exercer en parallèle une activité rémunératrice.
Dans cette optique, les périodes de stage, ne sont pas seulement souhaitables, mais également indispensables. Elles contribuent non seulement à éclairer l’étudiant sur son projet professionnel, mais elles constituent aussi un complément essentiel de formation. Le rôle du maître de stage est alors fondamental, puisque, par ce biais, il participe pleinement à l’activité pédagogique. |
|
|
|
|
la Rédaction : Après avoir fini ses études, un étudiant a-t-il l’expérience nécessaire pour commencer travailler dans une société dans le domaine ? (étant donné que la majorité des recruteurs demande de l’expérience). Apprend-il aussi des choses pratiques pendants les années d’études ? Fait-il des stages ?
Depuis la création du Collège, plus de 160 bourses de stage en France ont été allouées aux meilleurs étudiants, de la première année à la quatrième année. Les stages sont effectués au sein de cabinets d’avocats, mais aussi en juridiction ou dans nos institutions partenaires. La Cour européenne des droits de l’Homme, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat et le Ministère de la Justice ont ainsi accueilli de nombreux étudiants du Collège.
En Roumanie, les possibilités de stages se sont multipliées au cours de ces dernières années. Nous travaillons directement avec les cabinets d’avocats et les entreprises pour proposer à nos étudiants et anciens étudiants des offres de stage et d’emploi (plus de 80/an). Ce qui est très satisfaisant, c’est que ce sont les diplômés qui viennent aujourd’hui recruter nos étudiants. Cela crée un effet de réseau très positif.
Depuis deux ans maintenant, on observe une politique « offensive » des cabinets d’avocats auprès des étudiants du Collège et, plus généralement, de la Faculté de droit de l’Université de Bucarest. Les cabinets n’hésitent pas à recruter des étudiants dès la troisième année pour des « stages de très longue durée » ; acceptent que les étudiants partent ensuite en France en Master 2 – à condition qu’ils passent l’examen d’entrée au Barreau de Bucarest – et les recrutent à leur retour en Roumanie. C’est un pari pour les cabinets, et c’est également un très bon exemple de la complémentarité Université/Entreprise.
Le Collège juridique, c’est aussi l’étude approfondie des questions européennes. Plusieurs de nos étudiants effectuent ou ont effectué des stages à la Commission ou au Parlement européen.
La plupart des étudiants du Collège ont effectué entre trois et six mois de stage au cours de leurs études. Jusqu’à présent nos diplômés se sont très bien intégrés sur le marché du travail, comme en témoigne l’annuaire des anciens, consultable sur notre site internet. Les principales qualités qui leur sont reconnues par les recruteurs : adaptabilité, capacité de travail, maîtrise du raisonnement juridique, et bien entendu des langues étrangères.
la Rédaction : A l’occasion de l’année de la Francophonie en Roumanie, organisez-vous des colloques, conférences, débats etc ?
Dans le cadre de l’année de la Francophonie, nous avons accueilli, le 20 mars dernier, au sein de l’Université de Bucarest, Madame Brigitte GIRARDIN, Ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie. Près de 600 personnes ont assisté à cette Conférence, portant sur « la Francophonie : liberté, modernité, mobilité ». La forte présence des étudiants, ainsi que les nombreuses questions posées lors de la conférence ont parfaitement démontré la vitalité de la Francophonie au sein de la jeunesse roumaine. Nos étudiants ont également participé activement aux Etats généraux de la Francophonie, qui se sont déroulés dans plusieurs villes importantes du pays entre le 20 et le 28 mars 2006. Cet événement leur a permis de rencontrer les étudiants des autres filières, et de développer les réseaux des associations d’étudiants francophones.
|
Propos recueillis par Bogdan Boboc
|
|
|
|
|
|