FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

 

Interview avec Monsieur Marian Ciugan,
un jeune roumain de Corse

 

Rédaction  : Bonjour, nous sommes dans le train en direction de Chisinau avec Monsieur Marian. Comment un jeune roumain comme vous a découvert le monde francophone ? Quel à été votre périple pour arriver en Corse ?

M. Marian  : J’ai été maître nageur sauveteur entre 1986 et 1990. En 1989 j’ai connu une dame corse et je me suis établi en Corse. J’habite là-bas depuis novembre 1990. Et mon fils grandit en corse.

Rédaction  : Est-ce que ça a été un choc de civilisation, d’habitudes, de culture ?

M. Marian  : Non, pas du tout. Je travaillais déjà avec les étrangers sur le littoral roumain, et donc je me suis bien adapté. C’est une autre vie, mais tout a été bien.

Rédaction  : Vous avez, entre autres activités que vous exercez, une tout à fait particulière : vous recrutez des joueurs de football. Donnez-nous plus de détails.

M. Marian  : Ma passion a toujours été le football. Comme j’ai des amis noirs avec lesquels je jouais, alors je me suis dit pourquoi pas amener des joueurs noirs en Roumanie et surtout en Ukraine (où il y a plus de demandes et c’est mieux payé). J’ai des contacts avec 4 pays : Burkina Faso, Sénégal, Congo et le Cameroun. Et j’ai déjà transféré 2 joueurs de Congo en Ukraine en octobre et novembre 2006.

Rédaction  : Les joueurs de Congo se sont-ils habitués au climat ? Ce n’est pas facile, je suppose, d’arriver dans un pays différent surtout au niveau de la température. Quels ont été leurs problèmes ?

M. Marian  : Tout d’abord, le choc le plus marquant est de point de vue de la température. Il y a bien sûr un temps d’adaptation de plusieurs mois voire un an pour le côté climat. Il faut s’habituer aussi à la culture slave, ils font déjà des cours de langue russe chaque jour.

Rédaction  : Ils viennent avec leurs familles ? Est-ce que les techniques de jeu sont différentes entre les pays ?

M. Marian  : Il y a une seule langue dans le football. C’est la langue du ballon, comme on le dit. On joue dans tous les pays selon les mêmes règles. On les entoure de A à Z. Au début ils viennent tous seuls. Après les 6 mois, s’ils s’adaptent, on s’occupe de tout. On fait les papiers pour pouvoir amener les familles.

Rédaction  : Vous apportez des joueurs. Il y a un vrai besoin d’amener des joueurs du continent africain ?

M. Marian  : Tout à fait, chaque joueur apporte toujours quelque chose, son caractère, son jeu à lui, ses techniques. Ils sont de bons joueurs.

Rédaction : Je vous remercie et vous félicite pour votre parcours professionnel tout à fait original !

 

par François Renaut