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Rédaction : Bonjour, vous êtes Cristina Zderea. Comment vous êtes-vous impliquée dans l’espace francophone ? J’imagine que depuis que vous êtes petite à l’école ! Pourquoi cet intérêt pour la francophonie ?
Cristina : J’ai eu un premier contact avec le Français à l’école primaire, mais la fascination pour la langue et la culture française ne s’est pas arrêtée là. Elle a constitué le fil conducteur tout au long de mes études et recherches. J’ai commencé avec « L’influence du model cultural français dans la presse roumaine » et j’ai continué avec « La Roumanie: entre l’image de soi et la représentation française de son identité culturelle ». Actuellement je prépare une thèse de doctorat en co-tutelle sur la communication interculturelle entre l’espace français et roumain. Donc, je peux dire que je connais la francophonie d’un double coté : par l’intermédiaire de la formation et par le contact direct. Par contre on doit se méfier de se concentrer trop sur l’exception culturelle française car la francophonie, bien évidement, ne représente pas que cela. |
Rédaction : Vous avez fait aussi des études en France ? Qu’est-ce que vous parait à signaler entre les différences culturelles entre les Français, la France, les Roumains et la Roumanie ? Vous vous sentez à l’aise dans les deux pays – les deux cultures ? Vous regrettez la France ?
Cristina : La Roumanie, c’est mon pays natal, elle reste figée dans mon âme à jamais. La France c’est mon premier amour et ca ne s’oublie pas aussi. Bien sur, qu’à travers l'information, qui n'est plus un moyen de créer la communication, mais l'inverse, on se rend compte des blocages, des inégalités, des différences culturelles. Souvent, ce que devrait nous rapprocher, c'est ce que maintenant liquide les valeurs en obéissant aux règles marchandises. Mais je pense qu’on ne doit pas mettre l’accent sur ce qui nous sépare, mais sur ce qui nous unit. A mon avis, l’important c’est la relation. Et ce qui nous unit, c’est tout d’abord la langue française, ensuite la présence dans la grande famille de la francophonie. L’appartenance à cette communauté devrait montrer le sens que chaque pays confère à la cohabitation culturelle et à la diversité culturelle.
Rédaction : On dit souvent que les Français sont arrogants. Vous, partagez cette affirmation ?
Cristina : Là, on rentre dans le domaine des représentations sociales et vous savez bien, tout comme Paul Watlawich le disait, que la réalité n’existe pas. C’est juste une construction mentale. Donc, c’est vrai que l’altérité peut provoquer des réactions stéréotypes, comme celle que vous m’avez indiquée. Souvent, ces stéréotypes partent d’un choc culturel au niveau des habitus. On dit aussi à l’extérieur que le Roumain est « escroc, mendiant, voleur » et les mass médias contribuent pleinement à la construction de cet imaginaire collectif par des méthodes typiques de manipulation. Mais, il ne faut pas tout croire. Il faut se méfier des catégorisations et généralisations. Une bonne méthode d’écarter ces stéréotypes se serait tout d’abord une forte motivation et ensuite un échange d’information accentué, la construction d’une réalité commune, le partage d’un sens commun.
Rédaction : Pour vous, la Francophonie a entièrement sa place en Roumanie. Vous participez à cet événement dans le cadre de l’OIF ? Quelle fonction occupez-vous ?
Cristina : La vie dans un environnement multiculturel et l’expérience professionnelle m’ont permis de bien saisir les enjeux pour la reconnaissance de la diversité culturelle et le dialogue des cultures. Ces expériences réussies, j’ai voulu intégrer l’OIF et contribuer au renforcement des valeurs de la francophonie en Roumanie, en tant que consultante en relations publiques de l’APECO. Je sais bien que la Roumanie a sa place, pas du tout négligeable, dans la francophonie. Elle peut apporter tout à la francophonie, mais premièrement ses valeurs culturelles, ses valeurs humaines et dernièrement, mais pas moins important, un grand marché et des réseaux commerciaux. J’espère qu’elle pourra démontrer son potentiel et sa valeur notamment à l’occasion du XIème Sommet de la Francophonie quand elle sera l’hôte de cet événement magique.
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