Rédaction : Bonjour, je pense que pour vous, votre présence ici est tout à fait normale. En tant que chroniqueur expérimenté, habitué à ce genre de manifestations, quelles sont vos impressions sur ce Sommet de la Francophonie qui est le premier en l’Europe de l’Est et bien sûr en Roumanie ? Quel est votre sentiment pour cet événement et pour TV5 Monde ?
M. Dessaint : Pour nous c’est une occasion, une fois à tous les 2 ans d’essayer de montrer la famille francophone, les progrès, notamment dans le domaine de la culture, des droits de l’homme, de la gestion des crises internationales. C’est très important d’être ici en effet dans l’Europe Centrale et Orientale parce que c’est une terre qui manquait au fond à l’Europe parce qu’elle était coupée en deux après la deuxième Guerre mondiale. Maintenant on a le sentiment de retrouvailles puisque depuis quelques jours on sait que nous sommes en Europe et que dans quelques mois la Roumanie rejoindra l’Union Européenne. Ca c’est un point très fort et, bien sûr, aussi essayer de voir comment la famille francophone gère ses propres crises, c’est-à-dire ce n’est pas une famille idyllique, sans conflits. On sait que le Liban il n’est pas ici, on sait qu’il y a des problèmes au Côte d’Ivoire, on sait qu’il y a de différentes crises toujours en train de se dérouler. Donc voilà, pour nous c’est une occasion de faire le point sur l’état de santé morale, financière, politique.
Rédaction : Certains, parfois, ne comprennent pas quel est l’intérêt de ce club francophone, est-ce une une structure fédéraliste. A votre avis, qu’est-ce qu’on peut dire aux détracteurs de cet espèce de lobby francophone qui est essentiellement culturel et qui ne capte pas forcément l’intérêt des gens d’affaires, des industriels etc ?
M. Dessaint : On a tout dit sur la famille francophone : que c’est un club néo-colonial, que c’est une façon de garder une emprise etc. On vient d’entendre le Premier Ministre du Canada parler de l’ouverture, d’une harmonie très forte dans le contexte politique. En ce qui concerne l’utilité de cette francophonie, je peux vous donner comme exemple les pays baltes qui parlent très peu au quotidien le français ont l’envie de rejoindre ce club parce que justement, c’est ressenti comme une structure qui n’est pas dominée par un pays. Il s’agit d’une ambition commune, on parle d’éthique, de développement, droit de l’homme, santé, éducation. Ce sont des valeurs qui sont dans la francophonie au-delà de l’utilisation d’une langue. Donc je pense qu’il faut prendre un peu plus en sérieux la francophonie. Il y a vraiment un espace diplomatique, voire politique en train de se construire pour la gestion des crises, pour la solidarité de développement et qui joue un rôle très important.
Merci pour ce moment accordé dans un emploi du temps chargé !
|