Rédaction : Vous représentez la presse présidentielle du Gabon. Cela veut dire que vous êtes le porte-parole de votre Président ?
M. Harbourneur : Non, je refuse d’être le porte-parole. Je reste journaliste quelque soit l’endroit où je me trouve.
Rédaction : D’accord. A ce moment-là, que signifie presse présidentielle ?
M. Harbourneur : J’ai l’habitude de plaisanter un peu. C’est la chaîne qui a été déplacé vers une institution. Je suis journaliste, il y a un cameraman, donc, nous avons une unité complète. Ca permet justement non seulement au Président de la République de pouvoir véhiculer en temps et en heure ces informations vers la population mais c’est également une occasion de faciliter la tâche de nos confrères qui sont restés dans les chaînes au pays. Comme maintenant par exemple. Les journalistes restés au Gabon dans les chaînes ont leurs reportages à faire et nous, nous sommes ici à accompagner le Président et leur transmettre les informations dans le pays. Nous sommes les ambassadeurs de nos chaînes dans ces institutions. Nous y allons et nous essayons de relier le travail de la chaîne là-bas. Nous sommes toujours des journalistes. Comme ça il y a une discipline observée dans ces institutions.
Rédaction : Les Gabonais sont, j’imagine, largement francophones.
M. Harbourneur : 80 %, Gabon est parmi les premiers pays en Afrique de ce point de vue.
Rédaction : Qu’est-ce que représente pour votre pays cet événement ? Ont-ils une idée précise de la géographie européenne et surtout de l’Europe de l’est et de la Roumanie ?
M. Harbourneur : J’ai eu un feed-back, ce que je peux dire aujourd’hui sur un petit échantillon des gabonais qui forment la délégation officielle et de certains gabonais qui vivent ici en Roumanie, c’est : on ne comprend pas bien ! Francophonie ? Roumanie ? Vous parlez le roumain, pas le français !
A l’hôtel, quand je suis arrivé à Bucarest pour ce sommet, le premier contact a été un contact difficile, laborieux. J’ai discuté en français parce que c’est un hôtel international. Il faut que le sommet soit mis en valeur. J’ai demandé à la dame de la réception la chambre etc, elle m’a répondu : « I don’t understand anything ». J’ai refusé de parler l’anglais. Malheureusement la fille n’a pu rien dire en français. C’est vrai, les avis sont partagés. Certains pensent que bon, la francophonie aujourd’hui, on ne voulait pas regarder la francophonie comme étant ce forum qui réunit les pays ayant en partage le français. Nous voulons dépasser cela. Parler de la francophonie comme étant un espace, un lobby dans le jeu politique international. Il y a de grands ensembles qui se forment après la chute des blocs. Aujourd’hui il y a de petits groupes de pressions, et pour quoi la francophonie ne serait pas ce lobby afin d’aider des pays membres à sortir de la situation économique précaire ?
Pour le gabonais moyen. Je sais que les gabonais disent. A Bucarest c’est bien ? la francophonie, nous apporte quoi ? C’est la grande question ! Je leur dis : nous gagnons beaucoup. Nous sommes en train de façonner cette machine qui est dans un état embryonnaire. Quand la machine atteindra sa vitesse de croisière, tenez-vous bien, les retombés seront multiples. Quand on parle des nouvelles technologies de l’information justement dans l’éducation. C’est vraiment important. Avec un ordinateur, il y a beaucoup de fonctions, de possibilité, d’accessoires, tout est important. Si on introduit ce système dans les écoles primaires, chaque enfant du Gabon a les mêmes chances qu’un enfant du nord, comme on le dit, d’apprendre avec un outil qui donne immédiatement l’information et la communication, la compréhension. C’est extraordinaire. Le fossé existe entre le nord et le sud, mais c’est à nous de gommer cette distance. Cela ne se fait pas dans un jour, je suis réaliste. Je pense qu’il faut laisser le temps et on arrivera.
Rédaction : Nous vous remercions pour votre optimisme et sommes de tout coeur avec les gabonais !
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