Rédaction : Monsieur, vous êtes sans doute le premier haïtien que je vois en Roumanie, que nous vaut ce plaisir ?
Gérard Etienne : Je dois vous dire toute de suite que la Roumanie que je vois maintenant est une Roumanie physique. Mais il y a une Roumanie intellectuelle, spirituelle que nous les Haïtiens nous connaissons à Montréal.
D’ailleurs, mon éditeur qui s’appelle Constantin Stoiciu est un Roumain qui a publié beaucoup d’ Haïtiens et qui aime passionnément la littérature haïtienne.
Ensuite, dans l’école de ma femme il y a peut-être 4-5 roumaines que nous connaissons très bien et je dois vous dire que nous avons tous été enthousiasmés devant l’humanisme des Roumains et des Roumaines, toujours très heureux de les rencontrer. Ce sont des gens bien.
Rédaction : Maintenant, qu’est-ce qui vous parait le plus surprenant dans un pays qui après quand même presque 20 de difficultés après une période communiste. Quel est votre premier sentiment de ce que vous voyez en Roumanie ?
Gérard Etienne : Mon sentiment est que les choses ont réellement changé. Il n’y a plus de régime totalitaire. Mais attention, il ne faut pas faire des illusions. 40 ans de totalitarisme c’est dur à tout dépasser. Il y a des traces, des marques. On les voit, on les sent. Sauf que la Roumanie, personnellement et par ce que j’ai vu et constaté, je crois qu’elle va se libérer parce que la Roumanie a donné des gens extraordinaires. La Roumanie a donné au monde entier des grands hommes de sciences, de lettres (Eugène Ionesco, Tristan Tzara etc.). Donc, je souhaite que la Roumanie ne fasse plus un pas en arrière, mais qu’elle continue sur cette voie. Exactement comme je la vois maintenant.
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