FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

Interview avec Monsieur Ganz Pierre, RFI,
Directeur Antenne Monde

 
 

Rédaction  : Bonjour, vous représentez RFI de France ou de Roumanie ?

RFI  : Je suis le directeur de l’Antenne Monde de Radio France International. Antenne Monde regroupe toutes les émissions en français qui sont diffusées sur l’ensemble du monde, sauf l’Afrique parce qu’on a aussi une antenne pour ce continent. Tout ce qui est en français sur l’antenne RFI Roumanie est sous ma responsabilité. RFI Roumanie, c’est la production de la rédaction roumaine augmentée d’émissions en français. Donc c’est un mixte des deux.

Rédaction  : Je suppose que chaque Sommet de la francophonie est une occasion pour votre antenne de diffuser plus abondamment encore que d’habitude de la composition que représente la francophonie. Vous sentez qu’il y a de plus en plus de francophones comme il était annoncé ? Vous sentez cette ascension de la langue française ou de l’audimat francophone ?

RFI  : L’ascension de la langue française, il faut raison garder, elle progresse sans doute moins que nos amis politiques le disent ici. C’est important de noter la volonté exprimée par toutes les délégations d’augmenter l’enseignement, donc l’accès au français.

L’usage du français apparaît de plus en plus de pays comme un signe distinctif qui permet de se dégager d’une emprise, qui permet de jouer la carte de la diversité culturelle.

Si les chypriotes ou autres veulent entrer dans la francophonie, ce n’est pas par l’amour de la France ou de la francophonie, mais c’est parce que c’est une carte en faveur de la diversité culturelle.

RFI multiplie ses émissions en français et dans d’autres langues. Pour nous, faire connaître la France et le français, ce n’est pas forcément uniquement en français. Nous avons des émissions en langues étrangères, comme on dit dans notre jargon, donc une des vocations principales est de faire apprendre le français ; ce sont des émissions à moitié des cours de français.

Si notre audience augmente ? Oui, en Afrique, oui, en Europe, là où on peut trouver des relais comme par exemple Radio France en Roumanie. Ailleurs il faut être franc, notre audience a augmenté à travers l’internet. Nous sommes en train de développer énormément notre offre internet en audio et en écrit parce que c’est évident qu’un francophone de Moscou ou de New Delhi ira nous écouter sur internet. Il peut bien sûr nous écouter sur le satellite, mais pas sur FM.

Rédaction  : On est au Sommet de la francophonie, on parle des nouvelles technologies de l’information, de la communication, donc vous êtes tout à fait en phase avec la thématique du sommet. Il est vrai aussi que d’un point de vue journalistique, la transmission d’une information immédiate et accessible à tous rend d’autant plus indispensable votre présence sur internet.

RFI  : Disons que l’internet est un travail de médiatisation journalistique essentielle. Mais simplement comme l’internet est utilisé pour transmette le son, cela représente un vecteur supplémentaire. On reste dans notre métier traditionnelle qui est l’audience radio viendra.

Rédaction  : Maintenant, il y a un changement radical dans la façon dont la presse entre en contact avec les auditeurs. Avant il y avait des radios limitées. Maintenant l’usager se connecte indépendamment de tout forme de support et de censure gouvernementale.

RFI  : Je vais vous contredire, les Chinois arrivent facilement à filtrer, à arrêter des sites, des radios etc qui ne le conviennent pas. S’il y a quelque chose ne le convient pas, ils censurent.

L’onde courte et le satellite de diffusion directe sont les seules possibilités de vraie liberté.

Rédaction  : Par rapport à la Roumanie comment situez RFI en Roumanie ?

RFI  : Il se trouve que pour des raisons maintenant historiques, Radio Delta devenue aujourd’hui RFI a été parmi les premières filiales en Europe. Nous avons expérimenté avec un pays non-français, ce fut très utile pour développer la présence française et francophone. C’était un laboratoire. On a monté ensuite le même projet en Bulgarie. Nous sommes en train de monter aussi en Serbie, à Belgrade. L’expérience acquise ici nous aide beaucoup. Une anecdote : les techniciens roumains sont allés installer les antennes en Bulgarie parce qu’ils ont déjà l’habitude. Donc, c’est pour nous un lieu important. J’ajoute aussi qu’il y a de la part de l’équipe roumaine une volonté très forte de rester en contact, de ne pas être seulement une radio roumaine parlant roumain, mais de parler de la France, de l’Europe, de laisser une place suffisante pour que les francophones de Roumanie s’y retrouvent en entendant du français. Mais ils entendent aussi de la France et de la culture francophone en roumain.

Rédaction  : Dernière question. Puisque notre activité se déroule aussi dans la République de Moldavie, vous avez une antenne dans ce pays ? La République de Moldavie est aussi un pays francophone, plus que l’on soupçonne.

RFI  : Nous avons déjà un relais à Chisinau qui reprend nos émissions en français. Nous avons depuis 5-6 ans au moins un relais FM 24/24. Pour ce qui est de l’Ukraine, ça sera plus tard ! Nous avons maintenant 149 FM dans le monde, on continue à développer les FM chaque fois que ce sera possible. Nous faisons des partenariats avec les structures locales, comme on a fait ici,  à Sofia, à Belgrade, à Lisbonne, à Berlin etc. On pense qu’une bonne façon de faire connaître la France et la culture francophone, c’est ce mariage avec les structures locales. Et ensuite,  ça reste l’internet !

 

Propos recueillis par Boboc Bogdan et François Renaut