FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

 

Interview avec Monsieur Guillaume Turner

 

Rédaction : Bonjour, nous sommes avec Monsieur Guillaume Turner qui est un spécialiste de la Roumanie et qui travaille principalement dans le secteur comptable, juridique et fiscal.  Comment, avec l’expérience que vous avez acquise depuis 10 années en Roumanie, situez-vous les obligations comptables, juridiques, fiscales en Roumanie ? Est-ce qu’il y a une grande différence entre celles que l’on a en France ?
 
M. Turner : Actuellement, il y a des grosses différences pour les sociétés qui produisent.
En Roumanie il y a des sociétés de services et des sociétés de production. Pour les sociétés de services les impératifs comptables sont presque les mêmes qu’en France. Mais pour les sociétés de production ils sont complètement différents. On est obligé d’intégrer une comptabilité matière dans la comptabilité générale. C’est important, sans rentrer dans trop de détails, mais ça oblige à avoir un charge de comptabilisation lourde. Il faut habituer les intervenants français qui viennent en Roumanie à toutes ces modalités parce que généralement on est très contrôlé par le fisc, et en cas de défaut de comptabilisation toute de suite on est pris, et ça se traduit par des amendes.  Ici il faut s’attendre dans ces cql là a avoir toujours une amende.  
 
Rédaction : Donc cela veut dire que pour récupérer de l’argent, les administrations essayent de trouver la « petite bête ». Est-ce que c’est quelque chose que vous avez souvent rencontré ? Pouvez-vous le confirmer ou l’infirmer ?
 
M. Turner : Je ne sais pas si c’est pour récupérer de l’argent, mais c’est l’application stricte des textes. Alors on s’arrêtera là sans d’autres commentaires.
 
Rédaction : Donc maintenant, les sociétés françaises devraient s’intéresser de plus en plus à la Roumanie. L’entrée dans l’Union Européenne est prévue pour 2007. Est-ce que du point de vue des formalités des constitutions sociétés, parce que vous êtes souvent intervenu, vous pouvez recommander aux sociétés françaises d’opter plutôt pour des sociétés SARL ou SA etc ?
 
M. Turner : L’entrée de la Roumanie dans l’UE va effectivement apporter des changements en ce qui concerne l’implantation des sociétés françaises en Roumanie. La première facilité importante c’est que la majorité des taxes douanières vont disparaître. Or c’était un problème crucial pour les implantations en Roumanie. Maintenant en ce qui concerne le choix de  la forme des sociétés il faut connaître en fait quel est le but de l’investisseur qui va arriver, qui veut s’installer, pour pouvoir préconiser soit une SRL (l’équivalent d’une SARL en France) mais aussi un régime fiscal qui peut être différent, en micro-entreprise ou en régime normal d’impôt société.
 
Rédaction : Alors je suppose que vous êtes rodé à ce genre de missions de consultant en comptabilité puisque vous avez une singularité particulière étant donné que vous êtes à la fois en France et en Roumanie. Est-ce que cela vous permet d’apporter un meilleur service à priori aux sociétés françaises parce que vous êtes aussi leur interface dans la résolution des situations  comptables. Est-ce que ça aide beaucoup les sociétés ?
 
M. Turner : Je pense que ce sera à elles de répondre à cette question, mais toutefois je peux vous dire qu’effectivement je suis pour la moitié de mon temps en Roumanie et l’autre moitié en France, ce qui me permet d’être plus réactif en ce qui concerne les demandes des clients et de bien leur expliquer toute la problématique de la Roumanie pour qu’ils puissent prendre des décisions correctes. Et à partir de ce moment-là on arrive à accélérer le processus de décision et d’implantation.
 
Rédaction : Donc en résumé, pour vous mieux présenter, vous apportez des services de comptabilité, d’audit et de juriste un peu d’entreprise.
 
M. Turner : Nous sommes ici en Roumanie spécialisés dans la comptabilité et l’audit et également dans ce qu’on appelle le petit juridique c’est-à-dire ce qui est très simple.
Et nous avons des correspondants spécialisés comme des avocats d’affaires et des avocats fiscalistes pour les problèmes importants.
 
Rédaction : Dernière question : est-ce que vous êtes optimiste en ce qui concerne un flux de sociétés françaises vers la Roumanie ?  Comment voyez-vous le mouvement migratoire des entreprises françaises vers la Roumanie ?
 
M. Turner : Je crois que maintenant nous aurons plus de sociétés françaises que dans le passé, le mouvement a été long à s’initier, mais maintenant les gens arrivent. On peut dire que les autres entreprises européennes sont déjà ici, et je parle particulièrement des italiens et des allemands.
 
Très bien, je vous remercie du temps accordé.
 

par François Renaut et Bogdan Boboc