FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

Interview avec Monsieur Virgil Tanase

l'oeuvre et la bibliographie de Virgil Tanase

 

La Rédaction : C’est un grand plaisir de vous retrouver après tellement d’années.. Vous avez été longtemps le responsable de l’Institut Culturel Roumain de Paris. Vous pouvez nous dire quelques mots sur cette activité ?

VT : J’ai quitté cet automne l’Institut, j’ai fini ma mission. J’ai eu aussi cette responsabilité dans les années ’90. J’ai fait, avec les moyens de l’Etat, ce que je sais mieux faire depuis 30 ans à Paris, c’est-à-dire essayer de promouvoir les valeurs de la civilisation roumaine.

La Rédaction : Au début des années ‘80, la Roumanie avait une image dégradée en France avec Nicolae Ceausescu, ensuite, après la Révolution de ‘89, on a vu la présentation d’une Roumanie avec des problèmes, maintenant, la perception de la Roumanie à Paris, parce que vous connaissez très bien, a évolué dans les dernières années ?

VT : Je pense que oui, en partie et grâce à tous les artistes roumains dans des domaines très divers qui se sont faits connaître en France. Suffisamment pour commencer à comprendre que la Roumanie produit des valeurs culturelles exceptionnelles.

C’est aussi le mérite de certains hommes politiques, pas très nombreux, qui ont réussi à trouver de la compréhension, qui ont réussi à marier les exigences de l’économie de marché avec les exigences sociales, et à amener la Roumanie sur une normalité politique, avec alternance, avec démocratie. Tout cela fait un tout. Je crois que petit à petit la Roumanie commence avoir une image en France qui est plus près de celle qu’elle l’est réellement.

La Rédaction : Vous avez passé de nombreuses années à Paris. Vous êtes resté plus de temps en France qu’en Roumanie. Comment trouvez-vous au quotidien la nouvelle Roumanie ?

VT : Oui, forcément, toute ma vie est en France.Je suis venu aussi entre temps en Roumanie soit pour les nécessités de ma fonction, soit au Théâtre National de Iasi où je travaillais. La Roumanie se construit une nouvelle existence.

C’est tout à fait personnel, je ne crois pas que c’est l’avenir de la civilisation européenne.

La Roumanie prend en marche un train et j’ai le sentiment qu’il est en train d’aller dans le mur. Mais c’est un problème des écrivains qui pensent aux siècles suivants. Les hommes politiques doivent penser au lendemain. Peut-être qu’ils savent mieux que moi ce qu’on doit faire d’un jour au lendemain.

La Rédaction : Maintenant, dites-nous quelques mots sur votre activité, sur vos projets ?

VT : Depuis que j’ai quitté ma fonction, j’ai eu à Paris des représentations de théâtre après Tchekhov. Actuellement se joue à Paris à la Comédie des Champs Elysées, une adaptation que j’ai montée du « Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry. Je suis en train de signer avec les Editions Gallimard pour une biographie de Tchekhov.

Je fais une adaptation de théâtre de « Crime et châtiment ». J’ai fait une traduction de l’italien, j’ai écrit quelques articles par ci par là, je donne des cours etc.

La Rédaction : Donc, on pourrait dire que vous êtes un francophone multilingue.

VT : J’ai déjà 2 langues d’écriture, 2 patries comme disait Cioran en citant Herder, le français et le roumain c’est déjà beaucoup.

La Rédaction : Très bien, nous vous remercions de ces quelques mots.

 
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Propos recueillis par François Renaut et Bogdan Boboc