La Rédaction : C’est un grand plaisir de vous retrouver après tellement d’années.. Vous avez été longtemps le responsable de l’Institut Culturel Roumain de Paris. Vous pouvez nous dire quelques mots sur cette activité ?
VT : J’ai quitté cet automne l’Institut, j’ai fini ma mission. J’ai eu aussi cette responsabilité dans les années ’90. J’ai fait, avec les moyens de l’Etat, ce que je sais mieux faire depuis 30 ans à Paris, c’est-à-dire essayer de promouvoir les valeurs de la civilisation roumaine.
La Rédaction : Au début des années ‘80, la Roumanie avait une image dégradée en France avec Nicolae Ceausescu, ensuite, après la Révolution de ‘89, on a vu la présentation d’une Roumanie avec des problèmes, maintenant, la perception de la Roumanie à Paris, parce que vous connaissez très bien, a évolué dans les dernières années ?
VT : Je pense que oui, en partie et grâce à tous les artistes roumains dans des domaines très divers qui se sont faits connaître en France. Suffisamment pour commencer à comprendre que la Roumanie produit des valeurs culturelles exceptionnelles.
C’est aussi le mérite de certains hommes politiques, pas très nombreux, qui ont réussi à trouver de la compréhension, qui ont réussi à marier les exigences de l’économie de marché avec les exigences sociales, et à amener la Roumanie sur une normalité politique, avec alternance, avec démocratie. Tout cela fait un tout. Je crois que petit à petit la Roumanie commence avoir une image en France qui est plus près de celle qu’elle l’est réellement.
La Rédaction : Vous avez passé de nombreuses années à Paris. Vous êtes resté plus de temps en France qu’en Roumanie. Comment trouvez-vous au quotidien la nouvelle Roumanie ?
VT : Oui, forcément, toute ma vie est en France.Je suis venu aussi entre temps en Roumanie soit pour les nécessités de ma fonction, soit au Théâtre National de Iasi où je travaillais. La Roumanie se construit une nouvelle existence.
C’est tout à fait personnel, je ne crois pas que c’est l’avenir de la civilisation européenne.
La Roumanie prend en marche un train et j’ai le sentiment qu’il est en train d’aller dans le mur. Mais c’est un problème des écrivains qui pensent aux siècles suivants. Les hommes politiques doivent penser au lendemain. Peut-être qu’ils savent mieux que moi ce qu’on doit faire d’un jour au lendemain.
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