FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

 

Interview avec Monsieur Florin Necula,
Directeur de l ’Administration des Monuments et du Patrimoine Touristique (AMPT)

 
   

Photos de Bucarest
 

Rédaction  : Comment se fait-il que vous vous occupiez des monuments historiques et comment se fait-il que nous réalisons l’interview en français ?

AMPT  : Tout d’abord, merci que vous êtes venus ici. Bucarest, comme tout le monde le sait, c’est la capitale de la Roumanie, et Budapest celle d’Hongrie. On doit préciser cette chose. Le monde comprend mal, il y a une petite confusion entre les deux. Même sur la carte de l’Europe à la télé quand on présente la météo. Bucarest, qui a été pour une longue période le Petit Paris, est la vraie capitale du sud-est de l’Europe. On est un pays francophone, latin, entouré par des pays d’autres cultures, d’autres origines. Donc, je parle aussi le français, c’est un plaisir pour moi. En ce qui concerne notre institution, l’AMPT est apparue pour s’occuper des monuments de Bucarest, pour promouvoir Bucarest, la capitale de la Roumanie. Bucarest est une ville de tourisme culturel.

 

Rédaction  : Pouvez-vous nous dire d’où vient l’idée de Bucarest, le Petit Paris ? Comment est apparue cette idée ?

AMPT  : Je pourrai dire que c’est un cas unique : la Roumanie est un pays colonisé sans colonisateurs. C’est un miracle de l’histoire, pas d’envahisseurs français. Nous sommes très francophones. L’élément le plus important d’une ville, les gens, aimait parler le français. La tradition : les familles envoyaient leurs enfants faire les études en France et quand ils revenaient ils apportaient des livres, des journaux, des coutumes etc. En plus, le français c’était la langue de l’élite, on le parlait dans les salons. C’était une chose importante de communiquer en français. Les habitudes de chaque jour, les vêtements, même au niveau de l’architecture (des bâtiments qu’on trouve encore et qu’on peut admirer). L’école roumaine d’architecture était formée à Paris. Ce qui est très important, c’était qu’on copiait la vie de Paris.

 

Rédaction  : Il y a des difficultés pour maintenir le patrimoine ?

AMPT  : Oui, il y en a. C’est le rôle de l’AMPT de s’en occuper. Par exemple, l’Arc de Triomphe de Bucarest qui est une copie de l’Arc de Paris est en train d’être rénové. Le bâtiment de CEC (Casa de Economii si Consemnatiuni – la Caisse d’Epargne) qui est une copie du Petit Palais de Paris, on essaye de le transformer en musée (comme la France a fait avec la gare d’Orsay). On veut garder l’immeuble après la vente du CEC. L’actuel Musée National d’Histoire qui est l’ancien Palais de la Poste (copie du celui de Genève) est déjà en travaux.

 

Rédaction  : Oui, mais il y a des monuments qui sont vraiment menacés ? Y a-t-il des urgences ?

AMPT  : Oui, c’était le cas du Tribunal de Justice. Les travaux ont déjà commencé, mais ça n’avance pas très vite. Il faut avoir aussi une vraie rue française. On a Strada Franceza (dans l’ancien centre historique de Bucarest) – son ancien nom c’était Charles Ier (le premier roi de la Roumanie). Le nom de la rue Lipscani provient des commerçants de Leipzig et l’ancien nom de la rue Smardan était la Rue Allemande. La mairie du IIIème arrondissement de Bucarest a comme objectif la reconstruction le petit centre historique parce que Ceausescu a déjà détruit une grande partie de l’ancienne ville historique. S’il y a des sponsors qui veulent venir refaire, reconstruire, ils sont bienvenus !

l'Athénée Roumain
la Bibliothèque Nationale
la Caisse d'Epargne
l'hôpital Coltea
l'Arc de Triomphe
d'autres photos des monuments de Bucarest sur le site
Photos Roumanie
Propos recueillis par François Renaut et Bogdan Boboc