Rédaction : C’est un plaisir de vous retrouver à l’occasion du congrès CIEF à Sinaia. En tant que représentant, pouvez-vous nous commenter un peu cette semaine dédiée aux études francophones ?
Jean Therriault : La perception que j’ai de cette semaine, c’est qu’elle donne une espèce de petit électrochoc, de remise en état, elle permet d’aider les Roumains qui s’intéressent aux études canadiennes par exemple, qu’ils s’y intéressent tout d’abord davantage encore, et ensuite de construire, de constituer des réseaux avec leurs collègues, les représentants des 50 pays qui sont ici, à Sinaia.
Alors, pour moi, comme Canadien, je ressens comme formidable que la francophonie se réunisse en Roumanie et bien sûr ce qui m’intéresse plus c’est faire en sorte que les Roumains soient ici, de discuter avec leurs collègues des autres universités des autres pays, de continuer l’enseignement qu’ils font déjà auprès de leurs étudiants.
C’est important que cela permette de créer des réseaux, des liens, je dirai des grappes d’intérêt partout dans le monde francophone
Cette semaine c’est la possibilité de la Roumanie francophone de s’ouvrir à l’extérieur.
Rédaction : Dans cette optique, quels sont les travaux qui vous semblent les plus pertinents, les plus importants de cette nouvelle relation entre la Roumanie et disons l’espace francophone ?
Jean Therriault : L’année 2006 est l’année de la francophonie en Roumanie, tout cela a commencé au mois de septembre 2005 en grande pompe, ensuite il y a eu au mois de mars la tenue des Etats Généraux, puis la fameuse fête de 20 mars 2006 à « Sala Palatului » à Bucarest où les Roumains ont pu voir un spectacle de musique francophone (4000 personnes y ont assisté).
En septembre, il y aura beaucoup de réunions en marge du Sommet. On parle des réunions de la presse francophone, des maires des grandes villes francophones etc. Donc, je pense que la francophonie n’est pas seulement culturelle ; elle est aussi politique, économique, commerciale. On doit la prendre dans toute sa globalité.
Rédaction : Les gouvernements du Canada du Québec et du Nouveau Brunswick (un des nouveaux membres) – participent pleinement à cette réunion de la francophonie qui aura lieu en Roumanie. Qu’apporte la Roumanie au Canada ?
Jean Therriault : Tout d’abord, il y a une forte communauté roumaine au Canada. Les Roumains du Canada viennent enrichir la mosaïque canadienne avec leur expérience, leur culture. Les Roumains sont francophones, donc c’est intéressant pour les Canadiens de les accueillir, en particulier au Québec qui est une province francophone.
En même temps le Canada essaye de répondre à certains intérêts de la Roumanie pour la francophonie en général. Le Canada a donné 2 millions dollars pour l’organisation du Sommet de la Francophonie à Bucarest. Donc le Canada participe à l’organisation de ce sommet.
Propos recueillis par Bogdan Boboc et François Renaut |