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Eugène Ionesco est né en Roumanie, à Slatina, le 26 novembre 1909. D’origine française par sa mère, après douze ans passé à Paris, il fréquente la faculté de lettres de Bucarest. Il enseigne le français, devient critique littéraire avant de revenir à Paris, avec une bourse de l’Institut français de Bucarest, pour préparer une thèse de doctorat sur le thème du péché et de la mort dans la poésie française depuis Baudelaire. Il ne quittera plus la France. C’est en 1949 qu’il écrit sa première pièce, La Cantatrice Chauve, qui donnera lieu à de nombreux débats.
"Heureusement, nous n’entendrons plus jamais parler de M. Ionesco”, annonce un critique, à l’issue des premières représentations de La Cantatrice Chauve en mai 1950. De tels jugements vont installer durablement Ionesco dans une situation de mystificateur aux yeux du public.
Pour Ionesco, La Cantatrice chauve était “une parodie du théâtre de boulevard, une parodie du théâtre tout court, une critique des clichés de langage et du comportement automatique des gens ; elle était aussi l’expression d’un sentiment de l’insolite dans le quotidien, un insolite qui se révèle à l’intérieur même de la banalité la plus usée…”
Ses pièces sont entre autres des “tentatives d’un fonctionnement à vide du mécanisme du théâtre. Essai d’un texte abstrait ou non figuratif... Pousser le burlesque à son extrême limite. Là, un léger coup de pouce, un glissement imperceptible et l’on se retrouve dans le tragique. C’est un tour de prestidigitation. Le passage du burlesque au tragique doit se faire sans que le public s’en aperçoive.” Jacques Lemarchand, dans Le Figaro Littéraire, souligne la nouveauté et l’importance de cette création : "Le théâtre d’Eugène Ionesco est assurément le plus étrange et le plus spontané que nous ait révélé notre après-guerre". Cette première reconnaissance déclenche un débat de fond qui durera vingt ans, avant que Jean-Louis Barrault ne lui fasse franchir le pas en programmant en janvier 1960, Le Rhinocéros dès sa première saison à l’Odéon-Théâtre de France. Et démentant les critiques, Eugène Ionesco s’est imposé, de pièce en pièce, comme une des grandes figures de l’art dramatique français du XX e siècle. Il est reçu à l’Académie française en 1970.
Il meurt à Paris le 28 mars 1994. |