 |
|
Rédaction : Monsieur Cristian Ciocan, qui êtes-vous et quel est votre rôle dans l’organisation de cet événement international ?
Monsieur Ciocan : En tant que vice-président de la Société Roumaine de Phénoménologie, j’ai proposé et organisé ce colloque à Bucarest sous le titre de « Un Siècle avec Levinas: Philosophie et Responsabilité », avec le soutien de l’Administration Présidentielle, du Commissariat pour la Francophonie, de l’Ambassade de France et de l’Association pour la Célébration du Centenaire Emmanuel Levinas.
Je crois que c’est une bonne occasion d’attirer l’attention dans le pays en ce qui concerne ce philosophe singulier, mais aussi de mettre en évidence les contributions des chercheurs roumains aux études « levinassiennes », en intégrant les efforts autochtones dans l’espace de débat international.
La revue de phénoménologie Studia Phaenomenologica , que j’édite chez Humanitas depuis 2001, a publié dans son dernier volume un numéro focalisé sur la philosophie d’Emmanuel Levinas.
Toujours chez la Maison d’Edition Humanitas, j’ai publié récemment la traduction d’une œuvre importante : « Altfel decat a fi sau dincolo de esenta », livre que j’ai traduit avec Miruna et Bogdan Tataru-Cazaban. L’année passée j’ai publié aussi en collaboration avec Georges Hansel une Concordance à l’œuvre complète d’Emmanuel Levinas, publiée à la Maison d’Edition Springer. |
Rédaction : Vu que l’année 2006 est l’année de la francophonie en Roumanie, quel est le rapport entre cet événement et ceux du Sommet de la Francophonie ?
Monsieur Ciocan : Ce colloque fait parti du calendrier des manifestations francophones de cette année. C’est un événement soutenu par le Ministère des Affaires Etrangères de la Roumanie. La philosophie française a toujours été un point de référence dans la philosophie roumaine, et la célébrité de Levinas ne fait que renforcer les liaisons entre la culture roumaine et celle française.
Rédaction : Parce qu’il y a certains qui ont séché les cours de philosophie à l’école, qu’est-ce que vous pourriez nous dire sur le philosophe et sur la philosophie d’Emmanuel Levinas ?
Monsieur Ciocan : Levinas est une voix pathétique de la philosophie contemporaine qui tient à mettre dans le jeu l’exigence que le proche, l’autre homme, nous adresse. Il s’agit d’une philosophie qui veut réveiller dans l’homme la responsabilité pour ses proches, surtout se rendre compte que le proche nous est donné comme une tâche. C’est une démarche qui transforme l’éthique dans une « philosophie prime », avant l’ontologie. C’est une philosophie qui fait du visage de l’autrui la source fondamentale de sens et d’inspiration et dans laquelle le sujet, le soi, est appelé vers la responsabilité. Surtout après la catastrophe du XXème siècle, cette philosophie met dans le jeu le nouveau sens de l’humain, à partir de cette responsabilité vers le proche.
Rédaction : Pourriez-vous nous mentionner qui ont été vos invités à ce colloque ?
Monsieur Ciocan : Tout d’abord, nous serons très heureux que sur la liste des invités il y a 3 membres de la famille Levinas, la fille Simone Levinas Hansel, le gendre, Georges Hansel et le neveu, David Hansel. D’ailleurs, nous avons le plaisir d’accueillir des chercheurs de 9 pays, certains reconnus à l’international pour leurs études sur Levinas. J’aimerais bien mentionner Alain David, venu de Paris, Salomon Malka, le plus important biographe du philosophe, Yasuhiko Murakami du Japon etc. Nous avons aussi des invités plus jeunes, comme les français Gäelle Bernard et Matthieu Dubost, l’hongrois Akos Krassoy ou Sarah Allen du Canada, le professeur Mohamed Tavakol d’Iran, Mara Rubene de la Lettonie.
Rédaction : Avec nos remerciements
http://levinas.phenomenology.ro/
|