FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

 

Libres pensées : serait-il possible un accord de développement

bilatéral franco-roumain pour le secteur textile ?

par Liana Horbaniuc

 

L’évolution fulgurante du commerce avec les produits textiles asiatiques après les années 90 reconfigure la géographie des producteurs par rapport aux commerciaux.

On a actuellement deux dragons en Asie qui peuvent, si ils sont laissés, couvrir les besoins du globe. S’est vrais qu’on les préfère pour les grandes quantités et sur des modèles basiques.

Et les états en cours de développement du reste du monde ? Et les pays pauvres qui ont en tradition le travail industriel dans le domaine textile ?

Je pense à l’exemple de deux pays que je connais par le travail dans ce domaine: La Roumanie et la Maroc.

Depuis ’90 pour diverses raisons, les deux pays sont arrivés à presque 60% de leurs capacités initiales. Et pourtant les deux ont développé les techniques et les méthodes de fabrication. Les deux s’approchent des temps de fabrication des plus compétitifs des fabricants occidentaux. Les deux et pas seulement, ont des populations qui devrais travailler dans des secteurs de fabrication industriels traditionnellement féminins. Et alors pourquoi doivent ils réduire leurs activité ?

 

Pour des raisons simples : migration des marchés riches qui les avais stimulés au début, qui s’orientent actuellement de plus en plus vers l’Asie. On sait que presque toute commande qui dépasse 5000 pièces est « donnée » en Chine ou en Inde. Dès petites marques aux plus grandes, elles vont toutes là bas.

Les raisons ? Le prix de revient. S’est vrais que pour les commerciaux les prix sont importants mais si on regarde en ensemble les conséquences de ces orientations motivées par l’appât du gain on observe les suivantes :

  • Les commerciaux fabrique à bas prix en Asie et vendent à des « petits » prix en occident.
  • Les fabricants traditionnels qui se situent par rapport aux états Européens en position satellitaire, habituellement pour des raisons d’économie des coûts de transport, s’effondrent et ferment.

Qu’est ce qui se passe avec ces populations restées sans travail, non protégées par des lois locales comme les occidentaux dans le même cas chez eux ?

  • Ou bien elles restent à la maison,
  • ou elles cherchent un autre travail ou
  • elles s’orientent vers la migration.

On regarde l’évolution du phénomène depuis une quinzaine d’années et on constate un appauvrissement des populations des pays autour des états riches et une augmentation des vagues de migration économique vers ceux-ci. Une nervosité augmentée des populations des états dites riches, qui elles à leurs tour on déjà souffert à cause des délocalisations et fermetures des années ’90. D’où le racisme et le nationalisme plus accentué et du coup, motivé par la tendance on ne peut plus humaine d’autoconservation.

Si on étudie le comportement de la Roumanie après le changement du régime on constate la même envie de gagner plus facilement l’argent, d’après les modèles occidentaux, une fois l’accès aux images et aux médias libéré.

Les conséquences économiques sont déjà visibles : en Roumanie on trouve de moins en moins des ouvrières stables à des salaires comparables avec ceux de l’Asie. Les ouvrières réussissent gagner plus d’argent travaillant 6 mois/an en Europe.

S’est vrais que, si en Espagne elles comblent un besoin réel avec discipline et compétence, on considère que l’économie est gagnante, d’autres états se dépêchent de voter des lois de protection des populations locales contre ces nécessiteux en quête de mieux à l’approche de l’intégration de la Roumanie dans la communauté européenne.

Alors comment peut-on penser organiser, développer et surtout stabiliser la population du pays quand on ne peut pas leur payer plus et alimenter leur travail continuellement ? Quelle est la solution ?

Les états de l’Europe ne savent plus d’où sortir les budgets d’absorption des émigrants. En même temps ceux-ci changent de mode de vie en passant d’un mode stable, traditionnel, attentif à l’éducation des enfants, à un mode de vie nomade.

Conclusion possible : des budgets d’intégration de plus en plus importants dépensés par les états riches en même temps qu’une augmentation du nomadisme européen des citoyens des états pauvres, en une bande Möbius avec entre autres un résultat négatif : le reculs sur l’éducation des générations futures et l’aliénation de ceux-ci. En fin de compte on peut appeler ce phénomène : déshumanisation. D’autre part on peut constater une amélioration évidente de leur standing de vie au retour au pays jusqu’au nouvel départ.

De même qu’un effondrement des industries textiles dans les pays satellite, encore une fois en Möbius, on constate une augmentation de l’envie de migration des nouvelles générations qui, ne voyant rien bon à l’horizon pour eux, il cherchent et trouvent les couloirs de passage dans les pays européens ou ils stimulent l’autre phénomène suscité, en même temps que le racisme et la haine des fois.

Solutions ? Oui, possibles si volonté politique il y a. On pourrait faire un accord de subvention des industries textiles par l’état pour que les commerciaux fassent leurs fabrications dans les états satellites. En même temps, l’institution d’un système de limitation des migrations à l’intérieur des zones déterminées (pays satellites ou fraîchement intégrés mais pauvres encore) pour le développement jusqu’à un niveau de compétitivité européenne, pour une période de 10 ans par exemple. Des institutions de ce type existent chez tous, les chambres de commerce qui peuvent organiser et gérer ce type d’accord.

Ca permettrait aux états en question d'orienter l’éducation de leurs populations actives vers d’autres domaines en les maintenant à l’intérieur de leurs frontières. En même temps sur la base de ces subventions augmenter suffisamment les salaires des ouvriers des entreprises sous traitantes pour fidéliser leur personnel par un mécanisme simple : maintien du prix d’achat en accord avec le coût réel de la minute dans la pays respectif.

Vous imaginez facilement qu'avec un salaire moitié qu’en Europe en agriculture, une ouvrière de plus de 40 ans va rester fidèle en Roumanie dans la société de confection qui l’embauche pour une période allant jusqu’à sa retraite. La condition de stabilité étant son salaire en même temps qu’une continuité dans l’alimentation avec des commandes en sous-traitance par des clients, eux même subventionnées par leurs états, pour dérouler leur activité avec ces pays.

 

 

 

C’est vrai que cette méthode est contre des principes de la mondialisation, mais de plus en plus de gens observent que ce concept n’a pas apporté des bénéfices aux destinataires ciblés au début, quand on l’a inventé. A se demander à qui ça sert ? On ne peut pas ne pas prendre en compte le besoin des millions de travailleurs européens, pour le plaisir de vouloir s’ouvrir à tout le monde. Ca créé des conflits inter ethnies et détruit l’harmonie et les traditions humaines, déterminant un retour en arrière de point de vue mentalité et comportement social. Est-ce que ça en vaut la peine de soutenir ce concept alors ?

L’industrie textile et l’agriculture sont les plus touchées parce que plus de main d’œuvre mais elles suivent les autres secteurs aussi.

La Roumanie n’a pas su maintenir comme avant les relations traditionnelles avec la France et je pense que c’est une perte immense. Moi qui vis au Maroc depuis plus de 16 ans je respire par les programmes français de télévision, les auteurs français et j’enseigne moi-même dans cette langue si belle et musicale et si proche de la mienne (le roumain). L’histoire du dernier siècle à déterminé une oscillation des diplomates et politiciens entre les partenaires traditionnels européens et ceux de l’autre rive de l’Atlantique.

Le temps des échanges culturels et des idées est révolu depuis longtemps avec les frères latins et pourtant c’est ceux-ci qui nous ont « modifié » notre gène au début du premier millénaire. Il est de même avec les échanges économiques et commerciaux. Trop faibles et peu confiants.

Le sommet de la francophonie à Bucarest va peut-être réussir renouer nos racines latines pour le mieux des deux peuples frères.

Je fais confiance dans la sensibilité du peuple français qui à su mettre en valeur chaque chose qui en valait la peine comme : la culture, l’art, la soif de découverte, l’inquiétude pour l’environnement, le maintien d’une fierté des traditions nationales tout en restant humains et je garde l’espoir que si on sollicitera une collaboration ils vont répondre avec promptitude.

Il est temps de nous rappeler à la mémoire du peuple français comme un peuple ami et respectueux des valeurs riches de la culture francophone marquée même en France par un Ionesco, un Eliade, Cioran, Brancusi, Henri Coanda, et tant d’autres roumains de valeur qui font honneur à notre pays.

Nous serrons tous des citoyens de l’Europe et on dervrais faire une fierté de cela tout comme une honneur. Mais pour réussir ça il va falloir collaborer plus étroitement en resserrant les relations pas seulement en diplomatie mais aussi économiquement et culturellement.