FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 
 

Rédaction : Pouvez-vous nous décrire en quelques mots cette magnifique région de Suceava où vous habitez ?

Oui, c'est une des régions les plus pittoresques de la Roumanie, appelée aussi la Bucovine. Au Moyen Age Suceava était la capitale de l'état moldave de Stefan cel Mare, notre héros mythique et je suis vraiment fière d'avoir tout près de moi, presque à chaque pas, tant de vestiges du passé: églises et monastères, forteresses, enluminures et broderies d'une beauté à vous couper le souffle...Quant au relief de ma région, cela rappelle un peu l'Autriche, avec beaucoup de verdure, surtout à la montagne, où c'est très boisé, ce qui a développé une véritable culture du bois. Les traditions paysannes sont encore assez bien préservées et il faut savoir qu'en Bucovine on fait les plus beaux oeufs de Pâques de toute la Roumanie...

Rédaction : Quelle est la situation de français et son évolution ? Pouvez vous témoigner de quelques initiatives locales à l'occasion de cette année de la Francophonie ?

Le français se porte encore bien merci dans notre région, même si depuis quelque temps on assiste, hélas, à un engouement des jeunes pour l'anglais et l'espagnol. Il ne faut pas oublier non plus que la Bucovine est une région multiculturelle, où il y a eu beaucoup d'Allemands, de Slaves, Juifs, Arméniens. Le français est aujourd'hui enseigné dans toutes les écoles et dans les lycées du département, de même qu'à l'Université "Stefan cel Mare". Cette année, on a organisé pas mal d'événements pour rappeler à nos concitoyens, aux jeunes surtout, ce que la Francophonie représente dans le monde contemporain. Je mentionne spécialement, au niveau de l'Université "Stefan cel Mare", LES JOURNEES DE LA FRANCOPHONIE A SUCEAVA, Xème édition, avec le soutien de l'Ambassade du Canada (19-25 mars): colloques internationaux,
concours littéraires, spectacle final et, bien sûr, le Bal de la Francophonie. Les élèves et les enseignants du secondaire ont organisé un grand spectacle, très réussi, à la Maison de la Culture, à la même période. On a beaucoup de publications scientifiques à l'Université, fruit d'une coopération internationale, avec des collègues de pays francophones. Et la liste pourrait continuer...



Rédaction : Pouvez-vous nous dévoiler quelles sont vos prochaines intentions ?


La semaine prochaine, deux de nos étudiantes, qui ont participé au concours AUPRES DE MON ARBRE (organisépar l'AUF) seront invitées à Bucarest, au Sommet, pour la remise des prix. Je vous signale qu'il s'agit d'un concours international de création littéraire et que, de Roumanie, il n'y a que ces deux gagnantes, formées par non cursus; elles seront accompagnées à la remise des prix par une jeune assistante et moi-même. A part cela, le 3 octobre, l'Université de Suceava accordera le titre de DOCTOR HONORIS CAUSA à Jean-Yves Conrad, que vous connaissez pour sa passion vraiment extraordinaire pour la Roumanie. L'événement continuera par une présentation de volumes à thématique francophone, publiés récemment par des membres du Département de français (Sanda-Maria Ardeleanu; Muguras Constantinescu; Elena-Brandusa Steiciuc) et par un spectacle de musique française: on entendra à nouveau la voix du jeune bariton Andras Chiriliuc. Tous les francophones et les francophiles de la ville y seront invités! A la mi-octobre (les 13-14) j'organiserai le colloque international "Représentations de l'enfance et de l'adolescence dans les littératures francophones", avec des participants de France, Belgique, Suisse, Grèce et, bien sûr, de Roumanie. C'est dans le cadre d'un programme de recherche franco-roumain BRANCUSI, qui se déroule depuis 2005, en collaboration avec Paris IV- Sorbonne.

 

Présentation du livre

Comme l’affirme Irina Mavrodin dans l’avant-propos intitulé "Mirifiques horizons et identités francophones", Elena-Brandusa STEICIUC est "un vrai pionnier et, dans une histoire de la présence de la francophonie dans la mentalité roumaine, son nom devra figurer en bonne place, car, par HORIZONS ET IDENTITES FRANCOPHONES, livre de référence, elle fait entrer dans notre culture roumaine (qui, par là, non seulement s’enrichit, mais se transforme) d’autres littératures, assez différentes de la nôtre, auxquelles on serait tentés d’attacher l’épithète d’exotiques, mais qui ont pourtant en commun avec la nôtre un aspect indéniable : la tradition francophone."

Horizons et identités francophones, 261 p., récemment publié aux Editions Universitaires de Suceava et dédié au Sommet de la Francophonie.


L’auteure, Elena-Brandusa STEICIUC est professeur à l’Université "Stefan cel Mare" de Suceava et directrice du Département d’Etudes Françaises de la même institution. Membre de l’Association Internationale des Etudes Québécoises (Québec), de l’Alliance Littéraire Maghrébine Internationale (Toronto), de Central Europe Association for Canadian Studies (Brno), et récemment du CIEF, elle y réunit des études et articles portant sur des auteurs représentatifs de diverses aires culturelles de la francophonie ; cette recherche a comme point de départ la collaboration de l’universitaire roumaine avec des publications académiques de Bucarest ou de Toronto, de Pologne ou de France, de Czernowitz ou de Chisinau.

Table des matières :

A. LE MAGHREB

"Les Impatients" d’Assia Djebar : la relation masculin / féminin dans le monde musulman

"Le lieu où se chamboule et se fracasse le monde" : visions du Sahara dans "Timimoun" de Rachid Boudjedra

Boualem Sansal et ses radiographies de l’Algérie contemporaine

Un écrivain incommode

Malika Mokeddem, conscience créatrice à mi-chemin entre la culture arabe et la langue française

De la sensualité en général et de l’homosexualité en particulier : Rachid O.

Tahar Ben Jelloun, l’écrivain – sorcier

Traduction et diffusion de la littérature maghrébine d’expression française en Roumanie

B. LA ROUMANIE

Marthe Bibesco, une voix entre Orient et Occident

Oana Orlea : portrait de l’artiste entre deux langues

Problématique de l’enfermement et de l’espace concentrationnaire chez deux auteurs francophones : le Marocain Tahar Ben Jelloun et la Roumaine Oana Orlea

(En guise de) repères bio-bibliographiques : Irina Mavrodin

Le palimpseste de l’histoire selon Rodica Iulian

 

C. LE QUÉBEC

L’identité canadienne française à travers deux classiques du roman au XXe siècle : Louis Hémon et Gabrielle Roy

Vie patriarcale/vie urbaine : la nostalgie du paradis perdu dans "Trente arpents" de Ringuet

Mémoire et exil dans "Le bonheur a la queue glissante" d’Abla Farhoud

"Pélagie-la-Charrette" : dimension réaliste et dimension symbolique de l'exode acadien vers la terre natale

Traduction et diffusion de la littérature québécoise en Roumanie

D. LES ANTILLES

Le vieux guerrier et la diablesse : amours, combats, blessures dans "Biblique des derniers gestes" de Patrick Chamoiseau

Une enfance guadeloupéenne : Daniel Maximin

Traduction et diffusion de la littérature antillaise en Roumanie

E. LA FRANCE

Olivier Rolin ou comment dompter les "tigres en papier"

Une mort "deux fois triste" : quelques figures d’exilés modianiens et leur vieillesse en terre étrangère


Editeur : Editura Universitatii din
Suceava et Elena-Brandusa Steiciuc
Str. Universitatii nr. 9
720 225 Suceava, ROUMANIE
Fax. + 40 230 524 097
Tel. + 40 744 520 387
e-mail : selenabrandusa@yahoo.com