FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

 

Un nouveau format pour les titres Roumanie et Moldavie Magazine
 

 

François Renaut - Directeur des Publications        

 

Rédaction : Vous avez une certaine expérience de la publication de magazine en Roumanie, qu’en est-il ou plutôt qu’en était-il ?

François Renaut : Oui, nous devons en parler au passé car malheureusement en 2002 il m’a fallu arrêter la publication de la revue Romania Roumanie Magazine. Déjà la dévaluation de 50 % de la valeur du lei en 1997 et surtout les problèmes rencontrés par le Groupe Hachette avec les grossistes avaient eu raison de notre autre revue Arta Culinara (76 pages et 30 000 exemplaires).

Pour ce qui concerne Roumanie Magazine, ma publication a résisté encore 4 ans mais avec une baisse de sa pagination (de 116 pages à 76) et le tirage a du passer de 20 000 exemplaires à 15 000 exemplaires, ce qui est resté appréciable. Je tiens à préciser, parce que j’en tire une légitime fierté, que je n’ai jamais reçu de subventions ni d’aides, et que mes revenus provenaient de la vente en kiosque, des abonnés et des ventes d’espace publicitaire.

Il semble que ce soit normal dans une économie libérale !

 

Rédaction : Pour autant il semble que votre présence sur ce créneau de la presse francophone témoigne de l’intérêt pour un tel support ?

François Renaut : Oui bien sûr on ne peut imposer un titre à un marché qui n‘en veut pas. Par ailleurs il faut, tout de même, se replonger dans le contexte de l’époque (1994-2002) et ne pas oublier que le premier numéro est sorti peu après la « révolution ». Si, désormais, la revue devait reparaître, les choses seraient sans doute grandement facilitées car il y a davantage de sociétés francophones. A noter que la Roumanie est à quelques mois d’effectuer son entrée dans l’Union Européenne, et cette entrée imminente a un effet positif sur la communication des entreprises.

 

Rédaction : Que représente pour vous la presse francophone à ce jour ?

François Renaut : La presse francophone dans un pays qui compte plus de 500 000 francophiles a une présence inexistante et visible dans quelques kiosques situés dans les hôtels internationaux. Les seuls expressions de la presse francophone à savoir le quotidien « Bucarest Matin » » et la revue « Regard » ont une diffusion qui avec quelques milliers d’exemplaires (2-3000) peut être pour chacun qualifiée de confidentielle. On peut imaginer sur ce tirage que la diffusion réelle payée ne dépasse pas les 50 %. Tout au plus ! Cette faiblesse est due, si je dois me rapporter à mes propres résultats, à une médiocre qualification et une inexpérience des équipes managériales, plus à l’aise dans le tirage de subventions et d’aides que dans le tirage d’exemplaires. Aucune presse privée ne pourrait survivre dans cette situation.

C’est en effet un paradoxe, que j’ai mal compris parfois, que dans nos économies de marché, la presse subventionnée, qui de fait ne fait pas la preuve de sa justification, incapable de pouvoir acquérir un lectorat qualifié et d’offrir à la communauté d’affaires un support d’un intérêt commercial soit seule présente sur le marché.

 

Rédaction : Avez vous comme projet de faire reparaître votre titre ?

François Renaut : Non désolé, tant que la concurrence entre les opérateurs sera déloyale et basée sur des considérations partisanes il n’y a pas de place pour une presse indépendante francophone en Roumanie Mais je convie tout groupe de presse à venir en Roumanie. Il y a de la place pour des professionnels !

 

D’autre part nous avons pris le virage d’Internet depuis plus de 2 ans et désormais nous avons mis en ligne le site de communication www.roumanie-magazine.com qui sous une nouvelle forme fait renaître la publication imprimée. Notre ambition qui est de mettre en valeur la Roumanie, ce que je fais depuis 12 ans, concerne aussi la République de Moldavie par le support www.moldavie-moldova-magazine.com, pays souvent mal présenté. Comme il en était il n’y a pas si longtemps de la Roumanie. Je peux vous assurer que la République de Moldavie est un pays accueillant et qui à son tour mérite votre intérêt.

 

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