FRANCOPHONIE ROUMANIE 2006
 

La semaine culturelle tunisienne à Bucarest

(19 -24 mars)

Interview avec Monsieur Nja Mahdaoui à l’occasion de la semaine culturelle tunisienne à Bucarest et de la soirée de spectacle représentatif des habits tunisiens

 

Rédaction  : Vous êtes donc la personnalité centrale de cette manifestation en quelque sorte puisque vous animez cette soirée avec des jeunes tuniso-roumaines. Quelles sont vos impressions ? Est-ce votre premier séjour en Roumanie ?

Monsieur Nja Mahdaoui  : C’est mon premier vrai séjour à Bucarest en Roumanie. C’est comme si je me promenais. Vous savez, ces voyages, c’est un livre que je n’avais pas lu. Voilà, c’est un livre qu’on ouvre, qu’on pénètre. C’est ce qui m’arrive. L’opportunité s’est présentée et je suis venu d’abord dans le contexte de la francophonie. Tout le monde le sait que je suis actif dans la problématique de la culture. J’ai agit spontanément, car en principe je m’occupe seulement de ma peinture. Mais je suis sensible à beaucoup de choses. Cette collection de costumes, je suis allé moi-même les choisir. Je suis allé chez cette dame pour la voir, cette collection qu’on vient de voir lui appartient.

Rédaction  : La Roumanie est un pays qui a des traditions, qui à un folklore. Est-ce que vous avez retrouvé un langage commun, des sensations communes avec la Tunisie ? On parle des pays avec une « histoire commune romaine ».

Monsieur Nja Mahdaoui  : Oui, c’est très beau ce jeu de mots : « romaine » - « roumaine ». Ici c’est à cause des courants et des mouvements sur cette partie de l’Europe, de la grande famille européenne. C’est une réalité entre l’Europe et l’Orient, dans le sens où on parle de ces mouvements de l’Orient. C’est ce qui s’est passé ici, ce soir. Pour mon histoire de costumes, je suis allé à Cluj, dans les campagnes, dans le pays. Je suis plongé dans l’histoire en pleine époque de l’internet, de l’universalité, de la mondialisation. Une des images dont je veux vous parler : j’ai vu des photos des filles qui travaillent aux champs mais dans une élégance de costumes, avec des chapeaux.

C’est inimaginable. Imaginez aujourd’hui des gens travailler habillés dans cette tenue. Ca c’est l’histoire. On se laisse fermer par cette histoire, une gigantesque histoire, qui ne nous laisse pas parfois avancer à force de répétition. Le nationalisme, l’individualisme crée l’enfermement. Mais comment respecter le patrimoine en évitant la redondance de le limiter dans l’absolu ? Parce que nous sommes censé aujourd’hui travailler, maîtriser la matière, la technologie est à la pointe. Sans oublier les signes. Nous sommes des témoins sur cette terre. Il faut ouvrir les portes de la culture. Nous sommes condamnés à réfléchir sur cette problématique de métalangage de l’inter culturalité, de l’échange avec l’autre.

Rédaction  : Avec nos remerciements pour cette inoubliable soirée !

Propos recueillis par François RENAUT

 

 

Courte présentation de Nja Mahdaoui : le site de l'artiste : www.nja-mahdaoui.com

 

Peintre, plasticien et calligraphe tunisien, né en 1937 à Tunis.

Diplômé de l’Académie Santa Andrea de Rome en 1967.

Ses travaux sur la calligraphie arabe lui ont valu d’être nommé président du jury du Grand prix de la calligraphie tunisienne en 1993 et de recevoir une distinction du Département de calligraphie de l’Université de Tokyo.

Sur l’initiative de l’artiste japonais Kaii Higashiyama, il a été également nommé membre du jury international pour le Grand prix Unesco 1993, 1994 et 1995.

Il est l’auteur de nombreuses créations (peintures, gravures..), de diverses illustrations d’ouvrages artistiques et littéraires, des tapisseries, des habits féminins et des œuvres monumentales.

En 2000, il a été sélectionné pour réaliser le design d’habillage extérieur de GulfAir, à l’occasion de ses 50 ans, et, en 2005, l’Unesco lui a décerné le Prix de l’Artisanat.

Ses œuvres sont aujourd’hui exposées à travers le monde comme au British Muséum.

 

 

 

 

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PRESENTATION DE COSTUMES TRADITIONNELS TUNISIENS, Interview accordée par son Excellence Madame Saloua BAHRI, Ambassadeur de Tunisie en Roumanie

Interview avec Monsieur Stefan NITULESCU, Secrétaire Général dans le Ministère de la Culture et des Cultes, Roumanie

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