Interview avec Monsieur Nja Mahdaoui à l’occasion de la semaine culturelle tunisienne à Bucarest et de la soirée de spectacle représentatif des habits tunisiens
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Rédaction : Vous êtes donc la personnalité centrale de cette manifestation en quelque sorte puisque vous animez cette soirée avec des jeunes tuniso-roumaines. Quelles sont vos impressions ? Est-ce votre premier séjour en Roumanie ?
Monsieur Nja Mahdaoui : C’est mon premier vrai séjour à Bucarest en Roumanie. C’est comme si je me promenais. Vous savez, ces voyages, c’est un livre que je n’avais pas lu. Voilà, c’est un livre qu’on ouvre, qu’on pénètre. C’est ce qui m’arrive. L’opportunité s’est présentée et je suis venu d’abord dans le contexte de la francophonie. Tout le monde le sait que je suis actif dans la problématique de la culture. J’ai agit spontanément, car en principe je m’occupe seulement de ma peinture. Mais je suis sensible à beaucoup de choses. Cette collection de costumes, je suis allé moi-même les choisir. Je suis allé chez cette dame pour la voir, cette collection qu’on vient de voir lui appartient.
Rédaction : La Roumanie est un pays qui a des traditions, qui à un folklore. Est-ce que vous avez retrouvé un langage commun, des sensations communes avec la Tunisie ? On parle des pays avec une « histoire commune romaine ».
Monsieur Nja Mahdaoui : Oui, c’est très beau ce jeu de mots : « romaine » - « roumaine ». Ici c’est à cause des courants et des mouvements sur cette partie de l’Europe, de la grande famille européenne. C’est une réalité entre l’Europe et l’Orient, dans le sens où on parle de ces mouvements de l’Orient. C’est ce qui s’est passé ici, ce soir. Pour mon histoire de costumes, je suis allé à Cluj, dans les campagnes, dans le pays. Je suis plongé dans l’histoire en pleine époque de l’internet, de l’universalité, de la mondialisation. Une des images dont je veux vous parler : j’ai vu des photos des filles qui travaillent aux champs mais dans une élégance de costumes, avec des chapeaux.
C’est inimaginable. Imaginez aujourd’hui des gens travailler habillés dans cette tenue. Ca c’est l’histoire. On se laisse fermer par cette histoire, une gigantesque histoire, qui ne nous laisse pas parfois avancer à force de répétition. Le nationalisme, l’individualisme crée l’enfermement. Mais comment respecter le patrimoine en évitant la redondance de le limiter dans l’absolu ? Parce que nous sommes censé aujourd’hui travailler, maîtriser la matière, la technologie est à la pointe. Sans oublier les signes. Nous sommes des témoins sur cette terre. Il faut ouvrir les portes de la culture. Nous sommes condamnés à réfléchir sur cette problématique de métalangage de l’inter culturalité, de l’échange avec l’autre.
Rédaction : Avec nos remerciements pour cette inoubliable soirée !
Propos recueillis par François RENAUT